Agenda

novembre 2019
L M M J V S D
« Août    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

EJP

EDF annonce:

Le mercredi 30 janvier 2019 sera un jour EJP.

Il restera 10 jours EJP pour la saison 2018/2019

Bourbaki

Nous sommes au début de l’année 1871, en pleine guerre franco-prussienne, celle que nous appelons « Guerre de 70 » sans pour autant vraiment la connaître…

L’entrée des Prussiens en France provoque, comme en 1789, un puissant mouvement populaire. De nombreux volontaires veulent aller contrer l’ennemi. Mais l’union de toutes ces volontés individuelles ne suffit pas pour construire une véritable armée. Qui plus est, les états-majors sont déchires entre officiers royalistes et républicains… Quoiqu’il en soit, une de ces armées hétéroclites, forte de 130 000 hommes, est confiée au Général Bourbaki avec ordre de libérer Belfort et ainsi de forcer l’armée prussienne à lever le siège de Paris.

Né dans une famille d’origine grecque, Charmes Denis Sauter Bourbaki a été élève à l’Ecole Spéciale Militaire. Il participa  à la campagne d’Afrique de 1836 à 1854. Il est Colonel d’un Régiment de Zouaves en 1851. Il sert dans l’Armée d’Orient de 1854 à 1856 au cours de la Guerre de Crimée. Il est promu Général en 1857 puis participe à la Campagne d’Italie en 1859-1860. En 1869, il devient Aide de camp de l’Empereur puis commandant en chef de la Garde Impériale. En 1871, il se replie en Suisse où son armée est désarmée. Il sera ensuite Gouverneur Militaire de  Lyon et mis en disponibilité en 1875 .

Mais voilà, cette armée était concentrée autour de Bourges et son transport vers l’Est est si lent que le général allemand von Werder (1808-1887), le vainqueur de Strasbourg, a largement le temps d’organiser une puissante ligne de défense à l’ouest de Belfort… Bourbaki connaît toutefois quelques succès. Il est vainqueur en janvier 1871 à Villersexel mais il échoue à la Mi janvier 1871 devant Héricourt et… recule jusqu’à Besançon pourchassé par Werder. C’est alors qu’une autre armée allemande, menée par le général von Manteuffel (1809-1885 ) étymologiquement l’Homme du Diable) partie de Montargis passe entre Langres et Dijon, atteint Dole et se dirige vers Besançon. Bourbaki est pris en tenaille… Il fuit alors vers la Suisse par une température de -20. C alors que ses soldats portent encore un simple pantalon de toile… Manteuffel se déplace rapidement et arrive à lui bloquer la route au Sud de Pontarlier. Afin d’éviter un massacre, Bourbaki se met en rapport avec le Général Herzog, chef de l’armée suisse délégué par le Conseil Fédéral. Ce dernier signe immédiatement, devant l’urgence d’une situation désespérée, une convention avec le général Crochant. Grâce au sacrifice du Corps d’Armée du Général Billot qui bloque les forces prussiennes au défilé de la Cluse-et-Mijoux, l’armée de Bourbaki passe en Suisse le ler février 1871 où elle sera désarmée. Des volontaires défendront coûte que coûte le défilé de la Cluse afin de permettre à cette armée en déroute de franchir la frontière. Voici un témoignage de ces moments dramatiques cité par André Besson dans son livre « Mon Pays Comtois » (France Empire 1980) « Depuis quelques jours, à Montperreux, on logeait un bataillon à peu près valide. Leur chef, c’était un commandant tout jeune avec une petite moustache. Ce soir-là, il a réuni ses hommes sur la place et il leur a dit  » Voila, les Prussiens sont a Pontarlier. L’armée va y rester tout entière s’ils passent la Cluse. Nous, on a encore nos fusils et quelques munitions. Vous entendez : s’ils passent la Cluse avant deux jours, c’est une boucherie. C’est deux jours qu’il faut tenir. Chacun est libre. Ceux qui veulent s’en aller peuvent partir. Je n’oblige personne. Les autres… Une dizaine d’hommes seulement ont quitté le cercle tête basse. Les autres n’ont rien dit. Ils sont allés chercher leurs fusils. Et ils sont descendus dans la direction de la Cluse.

L’arrière-garde fut massacrée mais sa résistance vraiment héroïque évita à l’armée de Bourbaki un massacre encore plus épouvantable. Près de 80 000 hommes arrivèrent, en effet, à traverser la frontière. Ce gigantesque défilé  dura… deux Jours et deux nuits sous la neige avec une température quasi-sibérienne..