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EJP

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Le mercredi 30 janvier 2019 sera un jour EJP.

Il restera 10 jours EJP pour la saison 2018/2019

LES MAQUIS D’ĒCOT ET DU LOMONT EN 1944

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Monument d'Ecot

Le 8 juillet 1944, nous vivons un événement très douloureux : l’encerclement et la destruction par l’armée allemande du maquis d’Ēcot mais de fait installé dans la forêt communale de Bourguignon. Des camions allemands sont massés au-dessus du village, il en est de même à Vermondans, Mathay et Ēcot. Le matin de bonne heure nous entendons des coups de feu et des rafales d’armes automatiques. Joseph MILLOT qui fauchait à la faux de l’herbe à Varembourg voit les Allemands monter, il entend les balles siffler et s’empresse de fuir.

Nous, nous doutions bien des drames qui se passaient, hélas parmi les résistants. Des hommes pour se cacher étaient montés en haut d’un sapin, des Allemands se trouvant en dessous, ils lâchèrent sur eux un sac rempli de grenades. Conséquence de la déflagration, ils tombent en bas le sapin en se blessant. L’un d’eux, par miracle réussit à passer à travers les mailles du filet des Allemands ; la figure en sang, il trouve refuge à la ferme PĒGEOT qu’il connaissait.

Un très lourd bilan pour les résistants : 16 tués, des blessés et 25 prisonniers qui furent déportés. On a raconté que les Allemands avaient obligés les prisonniers à tirer les morts dans les fosses communes avec du fils de fer barbelé attaché à leurs mains. Les Allemands de leur côté eurent aussi beaucoup de pertes ; on a parlé de 80 morts.

En montant depuis Bourguignon par la combe de Varembourg qui se termine par le lieu-dit« Le Cul d’Aupré » ; un défilé étroit fermé par un rocher à la verticale. L’on a dit qu’un résistant surnommé « Le Tatoué » les aurait abattus au fusil-mitrailleur, mais ses flancs gardés ayant reculés, il dut faire de même. Ce fut un combat inégal, d’abord par le nombre puis en tactique militaire ; les troupes allemandes formées par 4 ans de guerre et un  armement supérieur : d’un côté des mitraillettes d’une portée de 50 mètres, et de l’autre des fusils-mitrailleurs d’une portée de 700 mètres abondamment fournis en munitions.

Sans rien enlever à leur courage, leur seul salut eut été la fuite avant un encerclement fatal. Mais on a peine à comprendre l’imprudence d’un maquis qui ne pose pas de sentinelles en terrain ennemi. Mon père m’a rapporté qu’un résistant d’Ētouvans qu’il connaissait bien lui aurait confié : Si nous ne nous étions pas levés de bonne heure pour cueillir des cerises à Ētouvans, les Allemands nous auraient trouvés au lit. Pauvres hommes, bien trop sur d’eux ! Quelques sentinelles sur Bourguignon, Ēcot ou ailleurs leurs auraient permis de fuir à travers les grands bois.

Maquis du Lomont et d'Ecot

Pleins de bravoure ils n’étaient pas de taille à lutter de face contre des unités allemandes. Les actions de résistance se multiplient contre l’armée allemande. Un camion plein de militaires est détruit au-dessus de la côte de Voujeaucourt et ses occupants tués. A l’époque la route de Voujeaucourt était une route encaissée bordée de hauts talus propices à l’embuscade. Des résistants de Mathay auraient participés à l’attaque et l’on vit longtemps les traces de l’incendie sur le talus. Le dimanche, jour de la fête de Saint Symphorien, un convoi militaire allemand déraille suite à un sabotage de la voie au-dessus de la gare de Mathay.

Le boche lui aussi se défend et s’organise. Nous avions une grume de chêne dans les coupes de Bourguignon. Un jour avec mon père nous décidons d’aller la charger. Des gens nous disent : « Faites attention, il y a des boches dans les bois ». Nous retournons prendre nos cartes d’identité ; bien nous en prit. En arrivant sous la ligne électrique un grand boche nous barre la route « Halt papiers » avec un air soupçonneux il regarde nos papiers, nos têtes, le cheval, la voiture, « Gut » et nous passons. De chaque côté du chemin, invisibles dans les broussailles des soldats en embuscade, prêt à ouvrir le feu ; il fallait tomber dessus pour les voir. Redescendant, ils sont toujours la. Avec effroi nous pensons à ce qui serait arrivé à un groupe de résistants !

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