Agenda

septembre 2019
L M M J V S D
« Août    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

EJP

EDF annonce:

Le mercredi 30 janvier 2019 sera un jour EJP.

Il restera 10 jours EJP pour la saison 2018/2019

Novembre 1944 La Libération

Page précédente

Mercredi 1er novembre 1944.

 

De retour des messes basses où il y avait affluence énorme, canonnade intense, cependant les plus intrépides portent leurs fleurs au cimetière. On remarque que des sentinelles sont postées aux alentours du village, on s’en demande la raison ; A 1 heure, on a l’explication, la GESTAPO fait une rafle d’hommes pour l’entreprise TODT. Notre hôte est emmené, on dit qu’il leur faut 400 hommes, qu’ils ont déjà traqué Beaulieu depuis 4 heures du matin. La désolation se peint sur tous les visages.

Samedi 4 novembre 1944.

Mort de Mme née FOURNIER, tuée à Courcelles par un bombardement.

Vendredi 10 novembre 1944.

Départ de 148 enfants dont 27 de Bourguignon pour la Suisse.

Samedi 11 novembre 1944.

Retour de Belfort du cousin de Marguerite après de nombreuses et angoissantes péripéties.

Lundi 13 novembre 1944.

Mort de Mme MARĒCHAL, née ROLLAND, tuée aux immobilières de Mandeure.Cette dame est femme de prisonnier, et ses deux enfants sont en Suisse ; c’est bien triste,l’enterrement est prévu pour mardi 14.L’enterrement n’a pu avoir lieu et ce sont les pompiers qui mercredi ont transporté le corps au cimetière.

Mardi 14 novembre 1944.

En revenant de la messe je trouve mon frère qui est venu me remercier pour l’envoi de samedi. Il n’est pas venu dimanche non à cause de la crue du Doubs, mais parce qu’il avait la famille CORDIER à déjeuner et hier lundi il est allé à Audincourt se faire arracher une dent. Comme il prend congé pour aller rendre la visite que M.ROBARDEY du pont (réfugié chez M. FROIDEVAUX) lui a fait l’autre jour. M. BESSON lui fait offre de partager notre déjeuner, ce qu’il accepte car Roger a tué la chèvre ; et je vais faire une course à la mairie pour M. VOISARD. A peine y suis-je arrivée que le roulement sourd que j’avais entendu le long du chemin se corse d’arriver assez proche pour que des carreaux volent ; les messieurs présents disent de descendre à la cave où je fais connaissance de Mme MONNOT, femme d’instituteur qui me charge de ses salutations pour mon frère qu’elle a rencontré plusieurs fois et de Mme BUSSON.Nous avons tous l’impression d’une attaque, les roulements se succèdent sans interruption,c’est une canonnade en direction de Lucelans et Voujeaucourt avec écho ou canonnade du côté de Thulay, Roide. Profitant d’une accalmie des arrivées sur le village, j’arrive à la Tuilerie ; Un quart d’heure après Roger BESSON arrive et dit que deux obus viennent de tomber sur les maisons AMIOT et BERNARD  rue de l’Ēglise. La veille à peu près à la même heure un obus était tombé dessus la Kommandantur (Hôtel Lorenne) sans éclater heureusement, sans quoi il y aurait eu bien des morts à déplorer ; il n’y a que quelques bosses dues aux projections de pierres. L’attaque roule sans arrêt, à 2 h 15 Eugène nous quitte pour rejoindre Valentigney, nous sommes à la cave et je dis mon chapelet entendant les arrivées sur Courcelles sans arrêt jusqu’au soir et une partie de la nuit, les déflagrations continuent.

Mercredi 15 novembre 1944.

La nuit de mardi à mercredi est assez canonnée ; sitôt après déjeuner, je cueillais un bon bouquet de chrysanthèmes dont certaines avaient été visées par les éclats.Je descends jusqu’à l’église que je trouve ouverte ; les femmes me disent que les soeurs ont renvoyé tout le monde, qu’il n’y aura pas de messe ce matin. J’aperçois le doyen et notre curé sur la porte de la cure, et je vais jusque chez GIRARDOT où sont réfugiés les MAUVAIS et les VADAM qui ont reçu un obus dans le mur du rez-de chaussée, entièrement perforé, mais grâce à Dieu, pas d’accidents de personnes. Quand j’entends le sifflement précurseur bien connu, je rentre aussi vite que possible ; tout le monde à la cave, on entend une arrivée toute proche et chacun dit : « C’est sur la maison » Quand c’est un peu calmé, on sort et on s’aperçoit que le mur du jardin est écroulé,on vérifie s’il n’y a pas de carreaux cassés et poussant la porte de la buanderie, on aperçoit une nappe de lumière, le mur de la maison est éventré sur deux mètres de large et un mètre de hauteur, le lit a été soufflé contre la porte et de grosses pierres reposent dessus, nous avons été bien préservés encore une fois, on peut remercier la providence. BESSON  nous presse de prendre une détermination, il va jusqu’à la Papeterie savoir s’il y a encore de la place, à 4 heures, on prépare le chargement : deux matelas, couvertures,valises, je vais préparer le cantonnement pour cinq, car M. VOISARD tient à rester chez lui en cas d’investissement de sa maison. Il faut manger de bonne heure afin d’être rendu avant le couvre-feu de 6 h 30. Je retrouve M. et Mme FROIDEVAUX,  Mr. MONNOT, les LouisVOULOT, la famille MONNIER, on commente les derniers évènements, Mme Germaine HINTZEY arrive avec un tout petit pansement au front car les obus ont arrosé un peu toutes les rues du village. Nuit calme, un peu au dur qui rappelle les nuits de cave à Bourguignon excepté la lumière électrique qui ici ruisselle à profusion et la hauteur de plafond. Autre avantage, on a les informations aussitôt. Je vais jusqu’à la cure, M. l’abbé qui sort me dit qu’il va dire sa messe à l’église, les soeurs remplacent les enfants de coeurs, assistance réduite mais cependant une table et demi de communions.

Jeudi 16 novembre 1944.

Journée assez calme, on entend les combats à la mitrailleuse qui se rapprochent. Le soir on aura de la paille en dessous des matelas ; quand on part à 6 heures la trajectoire des obus raye le ciel de boules rouges. La TSF nous annonce la délivrance d’Ēcot, Ēcurcey, Vermondans, Lougres, Marvelise, Germonval et Aïssey.

Vendredi 17 novembre 1944.

Nuit calme à l’intérieur, mais on entend des éclatements tout proches, un obus est tombé sur l’usine, et en sortant de l’église Mme GUEY nous apprend qu’un deuxième obus est tombé sur la maison AMIOT, on apprend aussi que le pont de bois de Mandeure a sauté à 6 h45 ce matin. L’infanterie allemande qui avait remplacé la Lusfswaffe se repliait depuis deuxjours et ce matin on apprend que les derniers sont partis à 7 heures, cependant une pièce tire encore derrière le village. A 10 heures, alerte, on parle d’une nouvelle rafle d’hommes, renseignements pris, c’est un petit détachement d’Allemands qui après être entré dans plusieurs maisons a traversé le Doubs en barque en direction de Valentigney. A 2 heures, le bruit court que les alliés arrivent à Mandeure, les plus jeunes y courent et voient un petit détachement de tirailleurs qui est venu jusqu’à la mairie ; il y a un noir et un jeune homme de 17 ans qui viennent du Lomont ; ils disent que le Fourneau a été pris difficilement, mais qu’à Bourguignon et Mathay cela est allé vite ; ils font réparer le pont de Mandeure afin que les tanks puissent passer ; on invite la population au calme ; on fait rentrer les premiers drapeaux, quelques Allemands s’infiltrent à travers champs et postent des mitrailleuses.La cloche de la chapelle de Notre-Dame du bon secours sonne la délivrance. Le soir, on va encore par prudence coucher à la Papeterie, les troupes françaises et alliées continuent à arriver dans un brouhaha joyeux ; on sent que ce sera la dernière nuit,cependant de crainte d’un recul, on regagne les matelas sur la paille.

La libération et le retour au village le 18 novembre 1944

Samedi 18 novembre 1944.

En sortant de la messe on enjambe un petit obus tombé près du bénitier de la porte latérale et qui a traversé la voûte sans éclater.Roger BESSON déménage les matelas pendant que je me mets à la recherche d’un officier ; je trouve le colonel des FFI qui me dit que nous pouvons rentrer chez nous sans permission spéciale ; il conseille même de nous presser, car les soldats sont toujours des soldats ! On décide de partir à 9 heures voir s’il nous reste encore un toit. On est refoulé au pont et on perd une heure à trouver une barque ; enfin on passe, M. le curé, Ulysse et Pierre VADAM, Antoine MAUVAIS, sa femme et son fils, Roger BESSON et moi, Anne-Marie REGNARD et l’abbé RIEGNE, des Mathay et M. le curé MULLER ; les eaux sont très fortes et cependant la joie du retour supprime la crainte. Roger BESSON a bien de la peine à traîner la remorque sur le chemin défoncé de trous, on croise les camions de troupes, salut. Les maisons sont en vue, les toits fument ; espoir, Varembourg semble indemne. Les exclamations fusent devant les maisons éventrées : PĒROZ, PĒGEOT, BRAIDAISTAIN, TURBERGUE,CAGNON, GROSPERRIN, LEHMMAN, PIPO, MARCHE, VOISARD, LABEUCHE,  la Coop et CUENOT ! Les fils enchevêtrés jonchent la route au milieu de mille débris. Les trous d’obus se succèdent ! Cependant l’église paraît intacte et joie ! le drapeau de la Société flotte à la fenêtre de la chambre à donner ; je fais connaissance de nos libérateurs : adjudant-chef Marcel BONNET et Antoine GAILLARD, lieutenant RICHARD, hommes sympathiques et de bonne éducation qui me rendent de suite ma chambre. Je fais un tour rapide dans les pièces et constate l’horrible fouillis créé par les Allemands et les dégâts des obus minimes vis à vis d’autres demeures, mais suffisants. Il est 11 heures du matin, les cloches ont sonné à 10 h 30 notre libération ; les officiers nous invitent de suite à leur table et on se met aux premiers emménagements. Je fais trouver le capitaine pour régulariser la situation ; c’est zone de 1ière ligne et les civils ne devraient être admis, mais il accorde la permission sur parole que nous ne gênerons pas ses cantonnements de même pour Eugène qui sans doute ne va pas tarder à rentrer de Valentigney, mais il me déconseille de m’y rendre car ce quartier n’est pas encore déminé. La crainte des mines est telle que malgré mon désir de voir ce qui reste, je n’ose y aller.

Cantonnement de la libération.

Du vendredi 17 novembre au jeudi 23 novembre 1944 :

Adjudant-chef Marcel BONNET (FFI), adjudant-chef GAILLARD 2ième Régiment d’Auvergne, lieutenant RICHARD 3ième compagnie et 14 hommes chez moi ainsi que 21 à la vielle maison THIĒBAUT.

Cantonnement d’une section de déminage:

Du vendredi 11 mai au mardi 5 juin:

lieutenant BULY mess des officiers et 80 prisonniers allemands à la cour.

Les prisonniers et les requis du STO de bourguignon

Les 17 prisonniers de la commune de Bourguignon.

ANDIGIER, Léon BOITEUX,  Ernest BOUCON,  Louis BOUVROT,  Jean CHEVREAU, Fernand CHEVREAU,  Hubert DAHYS,  Henri GRAIZELY,  Marcel GUEY, Jean MARCHE, André PARENT, PARLEBAS,  Jean PĒLIER (rapatrié pour maladie en juin 1944), André PERREY (rapatrié pour maladie en juin 1942), Michel THIRODE, Louis-Joseph VINDEL et Léon VOURRON (rapatrié pour maladie le 20 novembre 1943)

Les 24 ouvriers requis pour travailler en Allemagne.

Départ le 20 octobre 1942 : Joseph FINOT, Louis GENTIL et PAUCHEY.

Départ le 9 novembre 1942 : Louis RENAUDE, Raymond GOUVIER, André GOULIER, Antoine SOCIĒ, Jean GALLECIER et Lucien ROUILLIER.

Départ le 13 novembre 1942 : Louis BOUTEILLER, Ulysse GRAIZELY et Albert FALCONNET.

Départ le 16 novembre 1942 : Albert TRIPONEY.

Départ le 30 novembre 1942 : Roger BANDILLON.

Départ le 17 décembre 1942 : Charles VOURRON et Lucien COMMENT.

Départ le 9 février 1943 : Léon MARSOT.

Départ le 27 février 1943 : Camille MARCHE et Albert GALLECIER.

Départ le 2 mars 1943 : Stéphane VUILLET, René BOILLON, François ROUILLIER, Robert FALCONNET et Henri ANDRĒONIS.