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EJP

EDF annonce:

Le mercredi 30 janvier 2019 sera un jour EJP.

Il restera 10 jours EJP pour la saison 2018/2019

L’occupation du 8 juillet 1944 au 1er octobre 1944

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Samedi 8 juillet 1944.

7 heures du matin, on entend des décharges de mitrailleuse ou fusil mitrailleur en direction de Varembourg. Sachant qu’il y a un groupe de résistance dans les bois, on se demande quel sera son sort.

M. FIFFRE est venu chercher les commissions de mon frère craignant que les enfants MOLLIER ne courent un danger, et me fait dire de ne pas aller à Varembourg, car 25 soldats allemands amenés par camion viennent de monter à l’assaut du bois.

Eugène (PARENT) est parti depuis jeudi soir à la foire de Besançon. Après l’enterrement de Maria CHASSEROT qui a lieu à 9 h 30, je me dirige vers Varembourg ; plus de camion à la rampe du passage à niveau, le temps est très gris et couvert ; rien dans les buissons ; j’aperçois M. Joseph MILLOT qui redescend de Varembourg, mais il ne me parle pas. (J’ai appris depuis qu’ayant été faucher de bon matin sa vigne il a vu les Allemands monter le chemin à la file indienne ; deux rafales de fusils mitrailleurs se succédèrent ; les soldats se plaquent au sol et attendent. Le silence règne de nouveau, ils se relèvent et continuent leur chemin. Les balles ont sifflé aux oreilles de M.MILLOT qui n’a pas attendu plus longtemps)

Vers 11 heures, une épaisse fumée s’éleva du bois. Je fais mon travail comme à l’accoutumée, à 1 h 45  j’aperçois une petite camionnette allemande qui passe devant chez mon frère (à Varembourg), à 2 heures donnant à manger aux poules je la vois redescendre sans parvenir à voir ce qu’il y a entre les deux rangées de soldats assis face à face leurs fusils entre les genoux.

Rentrant au village en fin d’après-midi j’apprends les détails qui circulent et peu à peu précisent l’affaire :

Les camions de soldats sont montés par Vermondans, par Ēcot, par le passage à niveau de la combe de Vaux (maison habitée par M. MARÇOT) et ont encerclé le groupe qui a vaillamment fait face, mais la plupart étaient de tout jeunes hommes n’ayant guère eu l’occasion d’apprendre la tactique.

On dit que 15 de ces jeunes français reposent dans deux fosses creusées à la limite des terres de M. CHARPIOT de Montpourron ; près de la source du creux de la Maltière,commune de Mathay. Quelques autres blessés ou non ont pu s’échapper. On évalue à 100 ou 150 le nombre de morts que les camions allemands ont redescendu à la tombée de la nuit sous des branches de sapin.L’affaire a duré environ deux heures. On a retrouvé un cadavre français attaché à un arbre, le visage écrasé à coups de crosse ; on a pu l’identifier par un signe particulier à une main.

Famille CHARPIOT à la ferme de Montpourron

 

Les fermiers de Montpourron en fin d’après-midi couraient dans toutes les directions pour retrouver leurs bêtes échappées des pâtures par les barbelés cisaillés. Le père les retrouva à Pont de Roide où elles étaient arrivées devant chez M. PETIT par la grand-route de Vermondans.

La famille CHARPIOT avait été quelque peu molesté, mais devant l’attitude énergique du père on finit par les laisser tous en liberté. Les habitants de Lucelans avaient eux aussi subi des interrogatoires et les hommes et jeunes gens été attachés pendant quelques heures aux crèches ou aux râteliers des écuries.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand le calme fut rétabli,  les parents d’abord, puis les sympathisants se rendirent sur les lieux.Les armes avaient été enlevées, ce qui avait échappé à l’incendie a été piétiné, perforé ou rendu inutilisable. On voyait seulement les couchettes et les observatoires.

Sur les fosses deux croix de bois ont été dressées et les gerbes de fleurs s’amoncellent.

 

Mlle PARENT n’écrit rien entre 1940 et 1944. Est ce par précaution, ou parce que rien ne se passe à BOURGUIGNON ?

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